MIRABEL LNE

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L’association en quelques mots… 

Échelon régional de France Nature Environnement, MIRABEL-Lorraine Nature Environnement fédère et met en réseau depuis plus de 20 ans les associations de protection de la nature et de l’environnement en Lorraine. Fédération regroupant plus de 80 associations lorraines et près de 4500 bénévoles et adhérents, MIRABEL-Lorraine Nature Environnement a pour principales missions la mutualisation et le développement des compétences associatives présentes sur le territoire régional, l’animation du débat public environnemental, la sensibilisation du grand public et des acteurs institutionnels aux enjeux environnementaux locaux, régionaux et nationaux. La fédération intervient également en tant qu’appui juridique auprès de ses associations membres.Depuis sa création en Lorraine en février 2011, MIRABEL Lorraine Nature Environnement coordonne le Collectif SOS Forêts. Notre implication dans ce collectif devenu national nous a amené à rencontrer à plusieurs reprises les responsables de l’Office National des Forêts en Lorraine dans le but d’exprimer nos inquiétudes et d’améliorer le partage des connaissances sur la forêt.

Au sein de votre région, la forêt est-elle déjà menacée ?

 
      La forêt Lorraine- aux 2/3 publique (domaniale et communale) est une des plus diversifiées et des plus productives de France. Elle est aussi une des plus menacées par la volonté des gouvernements successifs de produire massivement à tout prix pour renflouer les caisses :
  • raccourcissement des âges d’exploitation, ce qui induit inévitablement un rajeunissement de la forêt et une raréfaction des gros bois (ex : en 2010, le Plan d’aménagement de la forêt de Fénétrange en Moselle prévoyait de récolter les chênes à 120 ans, là où on les récoltait à 220 ans dans les années 1970),
  • industrialisation des méthodes d’exploitation, au détriment de la protection des sols et de la productivité de la forêt : multiplication des cloisonnements très rapprochés, création d’« autoroutes » forestières, y compris là où le réseau de voirie était suffisant, pour des engins de débardage de plus en plus gros et lourds, …
  • gestion qui vise à répondre aux besoins immédiats et standardisés du marché du bois et non à produire l’optimum de ce qu’une station forestière peut donner en fonction de son sol, des essences locales adaptées….ce qui conduit à vouloir multiplier le douglas dans les Vosges ou même à enrésiner en plaine, au mépris de ce que l’histoire même récente nous a appris (analyse des causes des dégâts de la tempête de 1999, par ex),
  • coupes massives notamment en forêt domaniale, mais de plus en plus en forêt communale jusque là relativement épargnée, et volonté d’aller chercher le bois jusque dans les zones difficilement accessibles de montagne…
 
A très court terme -car le processus s’accélère-, la forêt Lorraine pourrait perdre ce qui faisait sa richesse : en particulier les quelques forêts anciennes et âgées encore préservées, réservoirs d’une biodiversité exceptionnelle et encore mal connue sous certains aspects ; et ce ne sont pas les 1% de réserves biologiques et les 1% d’îlots de sénescence qui changeront la donne : les 98% restants seront décapitalisés pour le siècle à venir, à la fois pour la nature en forêt et pour l’économie de la forêt et du bois.
En réduisant la forêt à une usine à bois, nos gouvernements détruisent  aussi le lien tissé par des générations de citoyens et de forestiers de terrain qui voyaient en elle un patrimoine essentiel et proche, un bien économique à préserver  pour le long terme et un lieu de ressourcement accessible à tous.

 

 Quels sont les dangers du projet de loi LAAF discutés actuellement au Parlement ?

 
Ce projet de loi ne répond pas à une vision dynamique alliant écologie et économie, permettant à la forêt française d’asseoir à la fois sa pérennité à long terme et une réponse de proximité aux besoins de l’industrie française.
En particulier, il ne donne pas au citoyen, aux gestionnaires forestiers publics et privés et aux industriels locaux les moyens juridiques et financiers de répondre à la demande citoyenne de produire mieux, localement (en particulier, des gros bois d’œuvre de qualité à haute valeur ajoutée),   et de protéger plus nos forêts, compte-tenu des multiples autres services matériels et immatériels rendus (notion de multifonctionnalité ….stockage du carbone, épuration de l’eau, bien-être…). Conséquence de cette politique, alors même que nous sommes une grande nation forestière, la France continue de perdre massivement ses emplois de terrain en forêt et dans les filières locales de transformation du bois.
Ce projet  n’inscrit toujours pas non plus dans la loi une obligation de satisfaire à des  critères précis, mesurables et suivis de durabilité de la gestion forestière pour bénéficier d’aides publiques …
Et, malgré les voies qui s’élèvent partout en France, il ne propose aucun cadre public d’examen des projets industriels utilisateurs de biomasse forestière, laissant ainsi le champ libre aux grosses unités de production d’électricité ou de carburant, voire de grosses scieries, qui se précipitent comme des prédateurs sur la ressource bois, à seule fin de bénéficier du rachat bonifié de l’électricité ou des subventions. L’énergie bois ne peut se développer au détriment de la forêt et des autres débouchés industriels : le projet de loi doit donc donner à nos territoires les outils pour refuser catégoriquement tout projet industriel démesuré, sans plan d’approvisionnement clair auprès de  la ressource locale.

 

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